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Le chef du gouvernement a participé, mardi, pour la première fois, à la réunion du groupe des troupes emmenées par Gabriel Attal. Le ton est monté, sur fond d’incertitude budgétaire.
Tout avait pourtant bien commencé. Quand Michel Barnier se présente pour la première fois devant le groupe des députés Ensemble pour la République (EPR), mardi matin à l’Assemblée nationale, les bonnes intentions sont affichées de part et d’autre, pour passer la pommade sur les coups de griffe des dernières semaines. Dans son mot d’introduction, Gabriel Attal le remercie pour sa présence, alors que les 95 députés de son groupe constituent la force la plus nombreuse du « socle commun » sur lequel s’appuie le premier ministre pour gouverner.
Michel Barnier prend ensuite la parole pour rivaliser d’amabilités. En se disant « très fier » de compter une dizaine de macronistes dans son gouvernement et en remerciant la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet pour la qualité de leurs échanges, le premier ministre lance : « Il faut qu’on apprenne à se connaître. » Il considère qu’une réussite collective est dans « l’intérêt du pays » et note au passage que sa relation avec Emmanuel Macron est « simple ». Après avoir remercié ses ministres Laurent Saint-Martin (Comptes publics) et Antoine Armand (Économie), tous deux issus de Renaissance, il rappelle le contexte d’un budget « difficile » et l’importance du débat parlementaire. « Je suis désolé s’il y a eu des malentendus », lance même Michel Barnier dans une esquisse de mea culpa, en estimant que « des efforts ont été faits » avant son arrivée à Matignon pour dégager des économies.
« Pourquoi dites-vous cela ?»
L’histoire aurait pu en rester là, mais la tension est soudainement montée d’un cran lorsqu’une douzaine de députés ont pris la parole pour poser des questions. Dernière intervenante, Éléonore Caroit (élue des Français d’Amérique du Sud) glisse par exemple à Michel Barnier que sa venue devant le groupe était « attendue ». En reprenant la parole, le premier ministre demande à son interlocutrice d’être « juste » et s’agace : « Mais pourquoi dites-vous cela, Mme Caroit ? Vous m’invitez, je viens. »
Au député Paul Midy, qui lui a suggéré des pistes d’économies, notamment en ayant recours à l’annulation de crédits gelés, et s’est interrogé sur la politique de l’emploi et l’avenir de la réforme de l’assurance-chômage, Michel Barnier rétorque : « Je n’ai entendu que des critiques dans votre intervention. » Il taquine aussi Gérald Darmanin, qui a pris la parole pour rappeler sa ligne, lui qui s’oppose à toute hausse d’impôts : « J’ai moi-même été minoritaire dans mon propre parti, peut-être pas autant que vous dans le vôtre ! »
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« Vraie défiance mutuelle »
« On n’a pas du tout compris ce ton », lâche, abasourdi, un député EPR. « Il y a eu de bonnes interventions chez nous, qui ne parlaient que du fond, mais en réponse Barnier ne nous a mis que des Scud », décrit une autre. « C’était très courtois sur la forme, apocalyptique sur le fond, raconte un troisième. Il y avait beaucoup de sujets de tension et une vraie défiance mutuelle. » L’un des députés ayant reçu « une baffe », selon son terme, ne mâche pas ses mots : « Toute son intervention a été lunaire. »
« Il a quand même été applaudi à la fin, mais mollement », glisse un participant, qui reste sur sa faim : « Il a distribué les tirs au lieu de répondre sur le fond. Résultat, on n’en sait pas davantage que ce qu’il y a dans la presse. » Les députés macronistes attendent les arbitrages sur le projet de budget que le gouvernement doit présenter jeudi, alors que Gabriel Attal compte exposer mercredi ses pistes d’économies et de réformes.
« Il y a peut-être eu des susceptibilités qui n’avaient pas lieu d’être dans une discussion de travail. On peut l’entendre, on apprend à travailler ensemble », a estimé après la réunion la députée EPR Prisca Thévenot, en ajoutant : « Je pense qu’il faut qu’on s’attache à ne pas prendre les choses personnellement. » À Matignon, on admet que « les débats peuvent être vifs », mais l’on juge que « le plus important, c’est l’esprit de responsabilité ». « Il y a un budget à proposer », ajoute-t-on, alors que « Michel Barnier, très attentif aux attentes des parlementaires, juge préférable que ces échanges directs sa fassent au sein du groupe ». Le tout, en saluant la « fluidité » et la « proximité » des échanges entre le premier ministre et le groupe EPR. Quitte à ce que ce ressenti ne soit manifestement pas tout à fait partagé.
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