Le budget 2025 met à mal la promesse de Michel Barnier sur l’importance de la « dette écologique »

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POLITIQUE – La transition écologique au bord de la panne sèche. Le ministre du Budget et des comptes publics Laurent Saint-Martin a beau assurer ce vendredi 11 octobre que « la dette écologique », présentée comme une priorité de Michel Barnier, « ne sera pas sacrifiée sur l’autel de la dette financière », les arguments du gouvernement ont bien du mal à tenir face aux coupes prévues dans le budget 2025.

Qu’il semble lointain le temps où les ONG avaient salué un budget 2024 doté d’une rallonge de 7 milliards d’euros pour la transition écologique. Dès février, le gouvernement Attal avait fait de l’écologie le poste le plus affecté par les coups de rabot décidés en urgence. Huit mois plus tard, le gouvernement de Michel Barnier continue sur la même lancée.

À l’échelle globale, le projet de loi de finances (PLF) 2025 prévoit 19,5 milliards d’euros pour « l’écologie, le développement et les mobilités durables ». Soit une hausse de presque 2,8 milliards par rapport à 2024. Mais le diable se cache dans le détail. Le gouvernement prévoit aussi en parallèle de « recalibrer » les « aides écologiques » à hauteur de 1,9 milliard. Dit autrement : les dispositifs d’aide seront revus à la baisse pour réussir à économiser 1,9 milliard d’euros. Trois sont explicitement visés.

MaPrimeRénov’, l’aide à la mobilité et le Fonds vert asséchés

Le premier poste d’économies concerne MaPrimeRénov, dispositif sur lequel 1 milliard d’euros d’économies est espéré. En commission des Finances ce vendredi, Laurent Saint-Martin a défendu cette ambition en ciblant la « fraude beaucoup trop importante sur ce dispositif ». « C’est un bon dispositif mais qui doit être repensé », a-t-il répondu à la députée écologiste Éva Sas, évoquant aussi « l’impact et l’efficacité de la performance énergétique à la sortie ». « La baisse des moyens, ce n’est pas la baisse d’ambition sur la rénovation thermique des bâtiments », a-t-il tenté de rassurer.

Deuxième chantier : les primes à l’achat des véhicules électriques où le gouvernement table sur 0,5 milliard de baisse. « Ça s’appelle une subvention, ce n’est pas une taxation », a voulu tempérer la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher sur Europe 1/CNews ce vendredi. Le troisième levier d’économies concerne le Fonds vert, à propos duquel Bercy souligne dans son dossier de presse « le niveau d’engagement de 1 milliard d’euros en 2025 » sans que cela masque la baisse de 1,5 milliard d’euros des crédits par rapport à 2024.

« C’est un mauvais signal parce que c’est la subvention qui sert aujourd’hui à accélérer en matière de transition écologique », avait déclaré sur TF1 l’ancien ministre (Horizons) de la Transition écologique Christophe Béchu avant la présentation du budget. C’est sous sa direction, à l’époque du gouvernement Borne, que le Fonds vert avait été lancé.

« S’il y a quelque chose sur lequel il ne faut pas mégoter, c’est ça »

« Les choses sont alarmantes », a résumé la Secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier sur France Inter ce vendredi. « Le Fonds vert a été créé il y a deux ans par Élisabeth Borne. Ils se sont dit qu’il fallait aider les collectivités pour la transition, pour l’adaptation. Deux ans après, ils enlèvent 60 % du budget. Ils enlèvent aussi beaucoup de moyens aux collectivités territoriales (un effort de 5 milliards a été demandé, ndlr). Ils sont en train de raboter tous les derniers remparts à la crise environnementale et sociale », fustige-t-elle.

Même au-delà des partis d’opposition, les coups de rabot dans la transition écologique ne sont pas passés inaperçus. Le Premier président de la Cour des comptes Pierre Moscovici s’est fendu d’une petite mise en garde, tout en refusant de commenter les orientations choisies par le gouvernement. « La Cour des comptes note que nous avons besoin d’investissements massifs notamment pour la transition écologique. S’il y a quelque chose sur lequel il ne faut pas mégoter, c’est ça », a-t-il déclaré sur franceinfo. Il partage l’avis du gouvernement sur « des économies à faire » sur MaPrimeRénov’. « En revanche, globalement, les financements pour l’écologie ont besoin d’être considérablement augmentés et c’est pour ça qu’il faut se désendetter », ajoute-t-il.

Quasiment au même moment devant les députés de la commission des Finances, le ministre du Budget a assuré que « l’investissement dans la transition écologique est au rendez-vous en 2025 » et va jusqu’à promettre un « montant record ». Mais il « assume » des « modifications dans les priorités » au motif d’une meilleure « gestion ». « Il y a des outils sur lesquels il y avait beaucoup d’argent, peut-être trop, qui avait été mis par rapport à leur efficacité réelle (…) Il faut oser dire “Peut-on repenser les paramètres ? Peut-on essayer de les rendre plus efficaces ?” », a-t-il déclaré.

L’engagement de l’État sur le financement des énergies renouvelables sera au rendez-vous en 2025, a assuré le ministre. Il compte profiter pour cela de la baisse des prix de l’électricité. Mais cela ne traduit guère un engagement supplémentaire du gouvernement Barnier en faveur de l’environnement puisque, comme le souligne Damien Demailly, directeur adjoint de l’Institut de l’économie pour le Climat I4CE dans Libération, cette compensation est obligatoire et encadrée législativement. « Si les dépenses pour la transition écologique augmentent, c’est du fait de la baisse des prix de l’électricité qui pousse mécaniquement à la hausse les dépenses de l’État pour l’électricité renouvelable », souligne le spécialiste.

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