Donner une voix à la nature avec les « microparlements des vivants »

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Une initiation au microparlement des vivants a été proposée dans le cadre des Assises de la biodiversité, à La Rochelle. L’objectif du projet : donner une voix à la nature dans les institutions locales. 

« Moi, rouge-gorge… ». Aux Assises de la biodiversité, les congressistes se sentent pousser des ailes. 

Dans l’une des salles de l’espace Encan, les chaises sont déplacées en cercle et chacun défend son point de vue sur la problématique à l’ordre du jour – l’éclairage public la nuit -, en fonction du rôle qui lui a été assigné : élu à la sécurité, représentant de quartier, membre d’une association environnementale.. mais aussi rouge-gorge, pipistrelle, crapaud ou zérène du groseillier.

Alors, faut-il conserver les éclairages artificiels la nuit ? Oui, conseillent les défenseurs de la sûreté. Non, répond quant à lui le crapaud. La pollution lumineuse a des impacts néfastes sur son développement. Une étude a par exemple montré que l’éclairage nocturne perturbait l’expression des gènes des têtards, notamment ceux liés au fonctionnement de leur système immunitaire (1). 

« Si les espèces avaient une voix, est-ce que cela changerait les décisions ? », interroge Amandine Ilolo, chargée de mission chez Démocratie ouverte, qui a monté cette initiative aux côtés de l’agence de design Vraiment Vraiment, et avec le soutien de la Banque des territoires, fin 2021.

C’est là l’enjeu du projet « microparlements des vivants » : donner une voix à la nature dans les institutions locales, à l’instar des conseils municipaux. « Sous le format d’une assemblée citoyenne, le microparlement  propose aux citoyens de porter la voix des espèces lorsqu’une problématique est soulevée dans un territoire, afin de permettre un espace de négociation avec les parties prenantes », ajoute Amandine Ilolo.

Phase de recrutement

Si l’initiative n’a pas encore été expérimentée dans les collectivités, les organisateurs sont « en phase de recrutement », précise au téléphone Joffrey Lavigne, ex-analyste politique au sein de Vraiment Vraiment.

Des expériences similaires ont déjà été menées en France, comme le parlement de Loire, initié par le pôle Arts et Urbanisme (POLAU) à Tours, ou le parlement de la forêt à Besançon. 

(1) La pollution lumineuse nocturne modifie l’expression génique chez les têtards de crapaud commun | CNRS Écologie & Environnement

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