Dettes financière et écologique : cette double peine qui pèse sur nos enfants

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Dans sa déclaration de politique générale, comme un mois plus tôt lors de la cérémonie de passation des pouvoirs, Michel Barnier eut raison de mettre sur le même plan « la dette financière et la dette écologique », qui pèsent l’une et l’autre lourdement « sur les épaules de nos enfants ». La dette financière est la plus facile à chiffrer (3 228 milliards d’euros), et le Premier ministre n’a pas tort d’y voir « une véritable épée de Damoclès qui, si l’on n’y prend garde, placera notre pays au bord du précipice ».

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La dette écologique, plus difficile à quantifier, n’est pas pour cela moins grave, et tout indique qu’elle l’est davantage. « Plaie d’argent n’est pas mortelle », dit le proverbe. C’est qu’elle est rarement irréversible. Chacun, dans ces domaines, connaît la solution : dépenser moins (pour les dépenses de fonctionnement) et mieux (pour les investissements), travailler plus et/ou augmenter les impôts. Reste à trouver une majorité pour y parvenir. Bon courage et bonne chance, Monsieur le Premier ministre !

Réduire notre train de vie et celui de l’Etat

Mais la nature, elle, n’attend pas. Les milliers d’espèces animales et végétales qui ont disparu ces dernières décennies ne reviendront jamais. Ni, quoi que l’on fasse, le climat auquel nous étions habitués et adaptés : tous nos efforts ne pourront que limiter, non annuler, le réchauffement climatique.

Et ce sont en effet, dans les deux cas, nos enfants et petits-enfants qui rembourseront la dette ou paieront les pots cassés. Comment, parents et grands-parents, pouvons-nous l’accepter ? Il y a là un paradoxe étonnant. Nous donnerions presque tous notre vie, s’il le fallait, pour sauver celle de nos enfants ou petits-enfants. Et nous ne sommes pas capables, pour eux, de réduire notre train de vie et celui de l’Etat ! Qui peut le comprendre ?

Spinoza, qui ignorait tout de nos problèmes, m’aide pourtant à y voir plus clair. Un désir qui naît de la connaissance d’un bien ou d’un mal à venir, explique-t-il, « peut être très facilement contrarié ou réduit par le désir de choses qui sont présentement agréables » (Ethique, IV, proposition 16). C’est pourquoi il est difficile d’arrêter de fumer : parce que le désir de la cigarette présente ou prochaine agit plus fortement en nous que celui d’échapper, mais dans plusieurs années, au cancer ou à l’insuffisance respiratoire.

Surmonter le court-termisme

C’est pourquoi, pareillement, les exigences lointaines de l’écologie risquent toujours d’être sacrifiées à celles, plus pressantes, de l’économie : parce que le déplaisir limité mais immédiat d’une réduction de nos pensions ou de notre train de vie l’emporte sur celui, beaucoup plus grand mais à long terme, qui menace nos enfants ou petits-enfants. Le court-termisme n’est pas seulement un défaut de nos dirigeants. C’est une constante anthropologique.

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Cela ne nous a pas empêchés d’arrêter massivement de fumer (il y a bientôt dix ans, pour ce qui me concerne), dès lors que la perspective de la maladie s’approchait ou frappait nos proches. Pourquoi en irait-il autrement de notre dette publique (dont les intérêts grèvent déjà si lourdement le Budget de la nation) et du dérèglement climatique (dont les effets sont déjà si tragiquement actuels) ? Souvenez-vous de votre sevrage tabagique, si difficile, si long, si efficace. On peut surmonter le court-termisme. Encore faut-il le vouloir.

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