pour la sécurité alimentaire des Français, relançons la production agricole!»

Profitez de l'offre maintenant

[ad_1]

FIGAROVOX/TRIBUNE – Dans sa déclaration de politique générale, Michel Barnier a annoncé qu’il reprendrait le projet de loi d’orientation pour la souveraineté agricole. Une production qui doit s’appuyer sur toutes les technologies aujourd’hui disponibles, estime l’ingénieur agronome Gilles Nassy.

Gilles Nassy est ingénieur agronome, diplômé de l’Institut national agronomique.


Le nouveau premier ministre Michel Barnier, qui a été ministre de l’Agriculture, a déclaré discrètement lors de ses premiers discours que l’agriculture française devait se remettre à produire. Le bon sens réinvestit le discours politique et c’est une bien bonne nouvelle.

En effet, le nouveau monde urbain a pensé un moment que l’on pouvait s’enrichir sans produire. La même idée funeste avait déjà traversé le monde industriel lorsque Serge Tchuruk, ancien patron d’Alcatel, avait prôné une industrie sans usine. La destruction méthodique de l’industrie au nom d’une réflexion complexe que le commun des mortels ne peut pas comprendre, a abouti à une fragilisation de l’économie et de la société française. Les déserts humains et économiques dans nombre de territoires sont en partie le résultat de cet abandon de la production.

Et voilà que depuis quelques années, cette idée a investi l’Europe qui a pris une voie inquiétante vers la «déproduction» en matière d’agriculture. La F2F plus connue sur «Farm to Fork» en est la concrétisation sous des prétextes bien prétentieux puisqu’elle est présentée comme «une stratégie pour un système alimentaire juste, favorable à l’environnement et à la santé». Dans une Europe où l’espérance de vie a augmenté d’un tiers depuis 50 ans, où chacun mange à sa faim grâce à la diversité des produits, où les intoxications alimentaires ont été divisées par 100, le tout pour une part de budget passant de 35% (1960) à 22% (2024) (chiffres français Insee), comment peut-on militer pour un changement radical du système alimentaire ?

Après la destruction de notre industrie manufacturière, celle de notre industrie alimentaire serait une faute dont les conséquences pour nos territoires seraient dramatiques et irréversibles.

Jean-Paul Oury

Il s’agit là d’une vision déformée d’une population aisée urbaine qui n’a de lien avec la campagne et la production agricole et alimentaire que par ses week-ends dans le Perche et les reportages sur France 5. Les écologistes ont vite compris leur intérêt et ont su exploiter ces inquiétudes urbaines en organisant des campagnes médiatiques anxiogènes et mobilisatrices, pointant du doigt les «empoisonneurs» que seraient les agriculteurs et les entreprises alimentaires.

Le résultat de tout cela a été la stratégie F2F qui vise à réduire la production agricole en Europe, imposer des contraintes insurmontables pour le bien-être animal, limiter l’usage de molécules phytosanitaires pourtant évaluées rigoureusement selon la directive européenne 2009/128 et enfin abandonner des terres agricoles fertiles à la nature sauvage. Par cette stratégie animée par les meilleurs sentiments, l’Europe prévoit une baisse de sa production de 10% et la réduction du reçu agricole qui va avec. Les États-Unis ont estimé que cette baisse de production, ne pouvant être compensée par les autres bassins, entraînerait une augmentation des prix mondiaux des matières premières agricoles qui serait supportée par les populations pauvres des pays en développement !

Les contraintes qui s’imposent sur les productions européenne et française sont déjà perceptibles dans les prix des produits alimentaires. Les normes, interdictions, obligations qui se multiplient se répercutent immanquablement dans les prix et participent en partie à l’inflation. Il n’y a pas que dans les pays pauvres que la population peine à se nourrir. Une étude récente indique que 37% des Français se déclarent en insécurité alimentaire en 2023. Ils étaient 11% en 2015. L’efficience et la productivité restent donc des impératifs de l’agriculture et de l’alimentaire, sans quoi les populations européennes s’approvisionneront auprès d’autres bassins de production plus efficaces.

Sous la pression du monde agricole mobilisé dans toute l’Europe en début d’année, la Commission européenne a suspendu une partie de ses intentions. Mais les élections passées seront-elles un feu vert pour relancer F2F ? Comme le disent Michel Barnier et sa ministre de l’Agriculture Annie Genevard, l’agriculture doit produire à nouveau. Les externalités négatives de l’agriculture intensive sont gérables car elles ont été étudiées de longue date par les Instituts techniques agricoles. On sait aujourd’hui limiter les excès d’azote et de phosphore dans les épandages, améliorer les conditions de vie des animaux d’élevage, limiter les résidus phytosanitaires dans les produits et l’environnement. (La directive 2009/128 l’impose d’ailleurs.) 

Pour diffuser ces connaissances, l’agriculture française doit investir et les agriculteurs doivent poursuivre leur montée en compétences pour utiliser toutes les technologies aujourd’hui disponibles. Elles permettent d’améliorer à la fois les comptes d’exploitation et les externalités négatives de l’agriculture. Le numérique a massivement investi les fermes modernes pour maîtriser les apports de phytosanitaires, pour suivre les animaux afin de veiller à leur bien-être et anticiper les mises bas, pour identifier les besoins en irrigation, pour récolter les fruits et légumes à maturité…

La prospérité passe par la production, à la campagne par l’agriculture et l’industrie. La France et l’Europe bénéficient encore d’une production agricole et d’une industrie alimentaire performantes, exportatrice et nourricière pour le monde. Ne la détruisons pas pour répondre aux angoisses des urbains bien nourris mais inquiétés par les messages apocalyptiques des ONG écologistes. Après la destruction de notre industrie manufacturière, ce serait une faute dont les conséquences pour nos territoires seraient dramatiques et irréversibles.

[ad_2]

Source link

Profitez de l'offre maintenant
Profitez de l'offre maintenant

Sommaire

Abonnez vous et recevez des bons plans
et des actus chaque semaine