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En un instant, le spectacle est passé de la parodie à la dystopie. En quelques mots du maire (Parti socialiste, PS) de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, venu en qualité de témoin au procès fictif de défense de la Seine qui se tenait lundi 9 décembre au Théâtre de la Concorde, à Paris.
Certes, tout était mis en scène dans cette simulation d’audience : le juge avec ses assesseurs et ses jurés au centre, le parquet à leur droite, l’avocate de la défense, des parties civiles, les témoins et les experts. Un faux procès où le sujet n’était pas la culpabilité de l’accusé mais la protection juridique de la victime, en l’occurrence la Seine.
Entre les vrais faux avocats en robe et le scénario volontairement un peu caricatural, le public, venu en nombre, était plutôt prompt à rire, notamment en entendant le nom de la (fausse) entreprise accusée d’avoir largué un bon gros cocktail de pollutions dans le fleuve : I Love Chimie. « Le nom vous fait peut-être rire mais si je dis Lubrizol, le sourire s’efface », a alors réagi le maire de Rouen, ramenant subitement l’audience à la réalité de l’incendie de l’usine chimique de sa ville, en 2019.
La question des droits juridiques de la nature n’est pas nouvelle, mais elle est de plus en plus interrogée, à mesure que s’accroissent les menaces sur la biodiversité. Cinq mois après les Jeux olympiques où la Seine a été un acteur majeur, la Ville de Paris a voulu prendre sa part au débat avec ce procès symbolique censé démontrer les limites du droit pour protéger les écosystèmes.
« Vide législatif »
Accorder une personnalité juridique à la Seine, c’est lui « donner le pouvoir de se défendre elle-même », indépendamment des alternances politiques, a ainsi avancé la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo. C’est permettre une « approche systémique » pour « prendre en considération la globalité du préjudice du fleuve, de sa source jusqu’à son embouchure », a plaidé l’ancienne ministre de l’environnement, Corinne Lepage, représentant la Seine.
« Les villes ne vous demandent pas réparation d’un préjudice qui ne leur appartient pas mais d’accorder au fleuve qui les a constitués la protection qu’il revient », a poursuivi Patrick Klugman, avocat de Paris, Rouen et Source-Seine. Même François Molins, pour le ministère public, a invité la cour à « souligner le vide législatif », estimant que « le droit montre ses limites et impose un nouveau regard porté sur le vivant, conduisant à accorder des droits à la nature ».
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