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Hydrogène « bas carbone » : les promesses en trompe-l’œil des géants des hydrocarbures
Présenté comme une solution pour décarboner l’économie, l’« hydrogène bleu » consiste à fabriquer ce gaz à partir d’énergie fossile tout en captant les émissions de CO2. Mais une estimation de ces dernières, réalisée par le média anglo-saxon DeSmog, soulève des doutes sur l’impact climatique réel de cette technologie.
Par Aline Nippert (avec le site d’investigation anglo-saxon DeSmog )
Temps de Lecture 5 min.
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Depuis 2020, l’hydrogène suscite un engouement mondial. Si ce combustible présente l’avantage de ne pas émettre de CO2 à son point d’utilisation, il a pour défaut de nécessiter, pour sa production, l’usage de gaz fossile, de charbon ou de pétrole. Si bien que l’industrie de l’hydrogène – qualifié de « gris » – représente actuellement 2 % des émissions mondiales de CO2.
La Commission européenne a proposé, le 27 septembre, une méthode de calcul, soumise à consultation jusqu’au 25 octobre, pour mesurer les émissions engendrées par la production des carburants dits « bas carbone », parmi lesquels figure l’hydrogène. Deux procédés concurrents permettent en effet de produire de l’hydrogène de manière beaucoup plus propre.
L’un, baptisé « hydrogène vert » par ses promoteurs, repose sur un procédé appelé « électrolyse de l’eau » qui n’engendre pas, ou peu, de CO2 lors de la production, la molécule étant fabriquée à partir d’électricité renouvelable et d’eau. Mais, avec 0,1 % de la production mondiale d’hydrogène, la technique en est encore au stade de la promesse. Les lourds investissements requis pour mettre en place cette nouvelle industrie peinent à se concrétiser, l’hydrogène vert restant pour l’instant deux à trois fois plus cher que l’hydrogène fossile.
Les industriels du pétrole et du gaz défendent, eux, un autre procédé sur lequel ils ne tarissent pas d’éloges : l’« hydrogène bleu ». Rebaptisé « hydrogène propre » par TotalEnergies, il serait « économiquement avantageux » selon l’italien ENI et l’anglo-néerlandais Shell. Il s’agirait de l’une des rares « technologies éprouvées » capables d’assainir la production d’électricité, du ciment, des produits chimiques, de l’acier, s’enthousiasme la major américaine ExxonMobil. BP réclame des aides publiques pour amorcer la production à grande échelle. L’hydrogène bleu serait tout simplement « nécessaire » pour atteindre les objectifs climatiques, d’après le géant pétrolier norvégien Equinor.
Production coûteuse pour le climat
Pour obtenir l’hydrogène bleu, il faut procéder à la purification de la fumée de combustion à l’aide d’un équipement industriel spécial, capable de capturer une partie des molécules de carbone. Les industriels pourraient ainsi continuer à exploiter les sites de production actuels et les équipements liés à l’exploitation du gaz naturel, grâce à l’adjonction d’une unité de captage de carbone connectée à une infrastructure de transport et de stockage, voire investir dans de nouvelles capacités de production, prolongeant la dépendance aux énergies fossiles.
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