TÉMOIGNAGES. « Situation dramatique », « ça commence à faire beaucoup »… Pourquoi les parents et les professeurs sont désespérés

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l’essentiel
Le gouvernement a annoncé que près de 4 000 postes d’enseignants seraient supprimés à la rentrée 2025. Pour des parents déjà désemparés face aux nombreuses absences et des professeurs à bout de souffle, la situation se tend toujours plus.

L’annonce a sonné comme un « sabordage de l’école publique » comme l’a dénoncé Guislaine David, la secrétaire générale de la FSU-Snuipp, premier syndicat en maternelle et élémentaire. Jeudi 10 octobre, dans le projet de loi de finances 2025 présenté par le gouvernement de Michel Barnier, la nouvelle est tombée : 4 000 postes d’enseignants vont être supprimés à la rentrée 2025, essentiellement dans le premier degré. Si les partenaires sociaux sont déjà montés aux créneaux, professeurs et parents d’élèves sont eux aussi circonspects face à une telle décision.

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Avec l’annonce de ces suppressions, le sujet du manque de professeurs revient une nouvelle fois au cœur des débats. De nombreuses voix s’étaient élevées récemment, bien avant cette initiative gouvernementale, pour dénoncer les absences répétées. C’est le cas de l’association des parents d’élèves de l’école Marcel Langer (Haute-Garonne). Là-bas, les enfants de l’école maternelle n’ont pas cours le vendredi depuis le début de l’année car l’enseignante est à temps partiel et n’est pas remplacée. Un poste de temps partiel qu’il manque à l’une des classes CM1/CM2 nous indique-t-on.

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« Que fait mon fils de sa journée ? »

La situation est peu ou prou similaire à l’école élémentaire Les Gains Pinsons (Haute-Garonne). Depuis quatre semaines, les parents d’élèves dénoncent une « situation dramatique » générée par l’absence d’enseignant en classe de CM1/CM2. Ils ont organisé, cette semaine, tous les matins, de courtes manifestations afin « de se faire entendre ». « On espère qu’en unissant nos forces, nous parviendrons à faire bouger le rectorat », concluent-ils.

Des évènements qui ne sont plus rares ces dernières années et que déplore, Marianne, mère de trois enfants. « Mon fils de 5 ans a eu une maîtresse les 3 premiers jours de l’année scolaire. Depuis que sa maîtresse est en arrêt maladie, il est réparti entre différentes classes en maternelle, et cela dure depuis trois semaines. Il ne sait même pas qui est dans sa ‘vraie’ classe’, raconte cette Toulousaine. Que fait-il de sa journée ? Quel est le programme pédagogique scolaire annuel ? », se questionne-t-elle.

« Une décision aberrante »

Alors que l’Éducation Nationale avait fait de sa phrase « un prof devant chaque élève » l’un de ses engagements phares, les professeurs aussi commencent à se lasser. « On n’est pas très bien payés, on a des classes surchargées et maintenant on nous annonce qu’il y aura 4 000 postes supprimés… Je trouve que ça commence à faire beaucoup », nous glisse l’un d’eux, affligé par cette nouvelle décision du gouvernement de Michel Barnier.

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Le Syndicat national des lycées, collèges, école et du supérieur (SNALC), via son secrétaire académique d’Occitanie Jean-Christophe Deydier, a dénoncé « une véritable saignée » et a évoqué « une trahison ». De son côté, Lucie*, jeune enseignante, juge cette décision « aberrante ». « Au lieu de supprimer des postes, ils feraient mieux d’ouvrir des classes pour éviter de se retrouver avec des effectifs qui dépassent les 25 élèves très régulièrement. Lorsque des instituteurs ne sont pas remplacés pendant plusieurs jours, les enfants se retrouvent sans dans d’autres classes pendant une semaine entière », déplore-t-elle.

Selon la jeune femme qui travaille en Ariège, « enlever des enseignants c’est mettre en difficulté les autres. Ça ne répond ni à nos besoins, ni à ceux des élèves ». Elle met également en valeur la complexité de son travail et celui de ses collègues, de plus en plus confrontés à des enfants compliqués à gérer. « On va continuer à se les répartir et former des classes de 30 ou plus », conclut-elle, quelque peu fatigué de ces futures batailles qu’elle et ses collègues vont devoir mener.

*Le prénom a été changé

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